Sommaire du récit :

Avant

01 : Résistance

02 : Joie de Vivre

03 : Amis

04 : Equipe

05 : Rêve

06 : Immensité

07 : Bonheur Nature

Fin...

Contact

 

Le plus difficile reste à venir : le retour à Girardville ; quatre heures de route abîmée par la dureté du climat hivernal, avec une pause à Chibougamau chez la tante de Tony. Je m’assois à l’arrière de la voiture pour m’isoler un peu.

Je regarde la cime des épinettes défiler sous le ciel bleu, et je repense à toute cette belle aventure en équipe. Maintenant, comment partager ce que nous venons de vivre, toutes nos émotions, tous les moments forts ?… Comment retranscrire toute la Vie de l'expédition ?… Tiens, et si à la mode des journalistes, je devais choisir un ou deux mots pour la qualifier, pour résumer notre aventure ?… Impossible !… Et pour mon carnet de voyage, il me faudra bien un titre ?…

Et c'est là que le mot Infini m'est apparu spontanément. Je m'interroge, pourquoi le mot Infini m'est venu comme ça, de mon fond intérieur ?… Je commence à décliner ce mot.

Infini comme le soutien, l'entre aide des hommes, de toutes les personnes qui nous ont entourés et accompagnés tout au long de l'expédition… L'infinie volonté des chiens, quinze Malamutes prêts, tous les matins, à parcourir des kilomètres, malgré la fatigue et les blessures, leur reconnaissance infinie à leur maître, leur musher Tony… Et les paysages infinis que nous avons traversés, la beauté, la grandeur de la Nature…

Tout d'un coup, comme Infini m'était apparu, un second mot jaillit dans ma tête. Comme une évidence, comme si le mot Infini venait de me crier « J'ai besoin d'un ami ! de cet ami !… » Ce mot ? Générosité, naturellement. Ma valeur essentielle, je dirais même ma raison de vivre…

Infinie Générosité… Générosité Infinie… Qu’importe l’ordre des mots, cette association me plaît beaucoup. Voilà, si je devais résumer notre aventure, je choisirais ces deux mots.

Infinie… Générosité… des Hommes, des Malamutes, de la Nature…

Chut, silence…

__________________________________

 

- Epilogue -

20h30, nous arrivons enfin au chalet du Lac Pelletier. La dernière marche arrière du van est délicate pour approcher le trailer le plus près possible de l’enclos des Malamutes. Maintenant, il n’y a « plus qu’à » sortir les chiens de la boîte et les emmener à leur niche respective. David, Yves et Michel les descendent de la remorque et Tony et moi, équipés de nos lampes frontales, nous prenons le relais pour les conduire à leur abri individuel (chacun a une place précise). Je voyais cela comme une épreuve supplémentaire, mais finalement, pas du tout ! Malgré la fatigue, cet exercice me permet de prendre l’air et de me dégourdir les jambes après la longue route ; et surtout, c’est une des plus belles conclusions pour l’expédition :

Ramener nos quinze compagnons de voyage chez eux, dans leur maison. Car c’est eux qui nous ont offert cette merveilleuse aventure de Girardville à Mistissini, c’est eux qui ont trotté plus de 450 kilomètres et amené tout notre équipement à bon port.

Merci du fond du cœur les amis !

Le lendemain soir (samedi), un souper est organisé au chalet pour fêter l’expédition. Les familles et les amis sont là, tous ensemble autour d’une belle tablée (fondue avec de l’orignal entre autres !). Je suis contente de revoir Mario (il me raconte son retour du Lac à l’Eau Froide avec Harold en motoneige).

Les conversations fusent dans tous les sens. L’ambiance est évidemment joyeuse et chaleureuse, québécoise donc ! Pat sort sa guitare et tout le monde se met à chanter ; j’aime tellement ces veillées là !

Un partage humain vrai… la Vie !...

 

______________________________