
- Joie de Vivre -
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Lundi Départ reporté à cause de la météo, il pleut encore. J’en profite pour écrire la journée mouvementée d’hier (le grand départ de Girardville et les péripéties du parcours). Pendant ce temps, Tony va voir l’état de la rivière plus en amont. Mario et Harold nous ont rejoint à l’auberge de Ticul, car ils vont nous accompagner pendant quelques jours, super sympas ! Nous discutons, autour de la carte, sur les différents trajets possibles (cours d’eau, chemins forestiers), la longueur des étapes, etc. La rivière est déjà ouverte par endroits ; la couche de glace, l’état de la neige ne sont pas en notre faveur. |
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Que faire ?... Finalement, il est décidé de monter en pick-up jusqu’au Pont du Libéral, Km 81, puis de prendre le chemin forestier longeant la Mistassini qui n’est vraiment pas praticable. |
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Mardi Nous répartissons les sacs dans les voitures et nous embarquons les chiens dans la « boîte » que David a montée avec le van ce matin. Transfert de toute l’équipe par la route forestière (de l’Abitibi Console). Avec Michel, nous prenons place dans le pick-up de Denis Prévost, petit-fils de Pierre Doucet ! Quel honneur ! Lui aussi s’est proposé de nous accompagner pendant deux jours, un grand merci ! |
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Pendant le trajet, il nous explique les coupes forestières, sa vie passée dans le bois (replanter des épinettes), il nous conte les histoires dans la région, etc. Une véritable richesse, que de bons moments de partage, j’adore. Km 81, nous sommes arrivés au début du chemin. Pendant que les marcheurs s’équipent et chaussent leurs raquettes pour partir en avant faire la trace, nous débarquons les chiens et tout notre stock. Nous installons les traîneaux chargés dans le sentier enneigé et amenons les Malamutes à la ligne d’attelage. Le véritable départ de l’expédition est imminent. |
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Nous nous enfonçons dans la forêt pendant que Mario, Harold et Denis finissent de préparer leur machine. Beau ciel bleu, neige fraîche, nous traversons des paysages grandioses, infinis, le silence unique… Ce silence pur, source de liberté et d’enchantement. Quelle récompense après la pluie. Tony aimerait attendre les skidoos pour ne pas trop fatiguer les chiens, mais ils n’arrivent pas. Que s’est-il passé en arrière ?... En fait, Ticul a cassé la barre de la remorque en faisant une marche arrière en pick-up ! Et ils ont dû embarquer la boîte à chiens sur la remorque de Mario !... |
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Nous arrivons là où les accompagnateurs en skidoo se sont arrêtés. Pendant que Mario continue de couper un peu de bois, Harold s’occupe déjà de lancer un petit feu, pour nos toasts. Nous mijotons un dîner délicieux : de l’orignal canné (une terrine en bocal, faite maison bien sûr !) avec du pain, grillé au feu de bois ; nous nous régalons. |
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Je me sens dans mon élément, si bien dans la forêt, en compagnie de québécois joyeux, généreux, devenant rapidement de véritables amis… Une journée idyllique, seuls dans l’immensité de la Nature enneigée et ensoleillée. Tony arrive à joindre Yves à la radio. Eux aussi se sont arrêtés pour dîner. Cette après-midi, ils continueront de marcher derrière nous. Plus tard, les motoneiges viendront les chercher. |
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Nous repartons dans de vastes paysages, à travers une forêt de brûlés (conséquence des grands incendies des dernières années). Nous montons et descendons des dunes enneigées qui me plongent dans mes souvenirs de méharées dans le désert. Nos deux traîneaux glissent tranquillement, menés par les vaillants Malamutes, trottant à un bon rythme. Tony me fait remarquer un rocher avec une marque de peinture blanche, nous passons le 50e parallèle, un beau symbole. |
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Après une grande descente, nous arrivons à la route forestière où les motoneigistes, plus David et Fred, montés en pick-up, nous attendent. L’étape n’est pas finie et le plus éprouvant reste à venir. Nous devons remonter un bout sur la piste pour parvenir à un autre chemin enneigé. Mais mes chiens ne veulent plus avancer, le traîneau glissant très mal sur la terre. Je me fais aider par Mario. Puis Harold tire la ligne d’attelage, attachée à l’arrière de sa motoneige. |
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Une fin de journée difficile pour atteindre un petit camp à la Chute Blanche (un fameux site, réputé dans la région). Nous devons descendre à travers une forêt bien dense. Les virages sont serrés, je freine des deux pieds, j’ai du mal à conduire le traîneau dans le sentier étroit. L’avant se bloque dans les épinettes, mais heureusement il y a une protection pour amortir les chocs. Par moment, le chargement menace de se renverser. Les chiens, courageux, puisent dans leurs dernières forces. Mes bras sont meurtris… Mario et Denis restent derrière moi et m’aident à me sortir des mauvais pas. Merci les gars ! Ouf, nous longeons un petit lac et arrivons enfin au chalet. La pénombre est déjà là, il faut faire vite pour installer les deux câbles, dételer les chiens, les rattacher pour la nuit, décharger les traîneaux. Je n’ai même pas le temps d’admirer les environs, mais ce n’est pas grave, je verrai demain matin. Tony prépare déjà le souper, les marcheurs soignent leurs pieds. Tout le monde est bien fatigué après cette belle et longue journée. |
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Dehors, Mario a installé ses « fourneaux » sur la remorque de son skidoo. Il est en train de cuisiner de bons steaks d’orignal, mitonnés avec des oignons et des petits champignons. Il me raconte que la viande vient d’un orignal qu’il a lui-même tué, à la dernière saison de chasse ! La vraie vie dans les bois ! Il nous en offre quelques morceaux, un délice ! Mes papilles gustatives sont ravies, la viande rouge, remplie de saveurs, fond dans ma bouche. Merci Mario pour ce mets succulent ! Quel réconfort ! Une journée qui se termine merveilleusement bien. |
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Nous installons nos couchages dans le petit camp. Je m’allonge avec plaisir. Le crépitement du bois dans le poêle me berce. Je repense à tous ces québécois qui nous accompagnent. Un partage naturel, un soutien infini… Ce sont des hommes authentiques, altruistes… de grands Hommes… J’ai le sentiment que l’expédition va être d’une richesse humaine inouïe… |
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