Sommaire du récit :

Avant

01 : Résistance

02 : Joie de Vivre

03 : Amis

04 : Equipe

05 : Rêve

06 : Immensité

07 : Bonheur Nature

Fin...

Contact

- La semaine de préparation -

 

Dimanche

14 heures, aéroport Pierre Elliott Trudeau à Montréal. Mon frère, Olivier vient de me déposer devant le hall d’arrivée, point de rendez-vous avec David (qui s’occupe de la logistique de l’expédition). Je le retrouve rapidement, et je fais la connaissance avec Yves qui vient d’arriver de Belgique et participe également à l’expédition.

Six heures de route nous attendent. Mon esprit s’évade déjà, admirant la neige ensoleillée le long de l’autoroute. Je suis heureuse, une douce euphorie m’envahit. Le jour patiemment attendu depuis des mois est enfin arrivé. J’ai maintenant hâte d’être à Girardville et de retrouver toute l’ambiance de la randonnée en traîneau à chiens.

9 heures du soir, ouf, nous arrivons au chalet, au lac Pelletier (situé à la sortie du village de Girardville). Fatiguée par la longue route, mais tellement contente d’être là. Je découvre les derniers travaux, quel boulot ! Tout en bois, c’est vraiment magnifique ; un chalet chaleureux où il fait bon vivre. Après avoir soupé d'une bonne tourtière (spécialité du lac Saint-Jean), nous allons nous coucher. Par la fenêtre, j’admire les arbres éclairés par la lune, ça y est, j’y suis ! J’ai du mal à trouver le sommeil tellement ma tête joyeuse pense et rêve… aux semaines à venir…

Lundi

J’ai passé une bonne nuit, finalement. Tout le monde se lève tranquillement. Autour d’un bon déjeuner, nous échangeons nos dernières nouvelles (la saison hivernale, les travaux du chalet, etc.). Les yeux perdus vers le lac enneigé, je me réveille doucement.

David arrive avec Michel, le caméraman qui va réaliser le film. Je rencontre Patrice, un des raquettistes qui vont ouvrir la piste devant nos deux traîneaux. David nous expose l’organisation pour Dimanche matin, jour du grand départ. Puis, nous discutons un peu avec Michel ; j’aime bien sa façon de voir le film. Autour d’une immense carte (de la rivière Mistassini), nous commençons à découvrir la première partie du parcours. Nous partons donc de Girardville même, et je suis heureuse d’apprendre que nous allons faire étape à l’auberge du Lac à la truite, chez Jean-Guy, alias Ticul, le premier soir. Ça me fera bien plaisir de le revoir.

L’après-midi, nous allons faire une sortie en traîneaux à chiens. Le stress monte un peu, vais-je me rappeler ? savoir faire ?... Nous rejoignons l’enclos où je découvre les six Malamutes qui vont tirer mon traîneau pendant l’expédition : Eliote, Wil, Miska, Chamane, Conan et Inca. Je les connais tous à part Eliote qui sera mon chien de tête. Quelle joie de les retrouver. J’avais oublié leur force et je me fais bien chahuter pour les amener à la ligne d’attelage, quelle puissance !

Je m’installe dans le traîneau, Caro (une française qui a travaillé ici pendant la saison) va conduire pour la première partie. Les sensations de glisse reviennent. C’est divin de se laisser promener dans la forêt enneigée. C’est à mon tour de prendre les rênes ! Je m’installe sur les patins avec une petite appréhension, surtout que j’ai le caméraman en passager.

Après quelques minutes, je commence à me relâcher, je reprends progressivement mes marques. La douce lumière de fin d’après-midi nous accompagne pour cette première sortie.

Quelle bonne journée de mise en jambes, ça mérite bien une petite bière !!

Ce soir, toute la famille de David vient souper au chalet, l’expédition est, bien sûr, au cœur des discussions. Dans le nouveau salon, nous continuons de parler de voyage et de plein de sujets divers. Ma « déconnexion québécoise » a bien commencé.

 

Mardi

Le ciel bleu est ravissant, encore une belle journée qui s’annonce. Aujourd’hui, Tony décide d’aller sur la rivière Mistassini pour filmer (des plans « raccords »). Nous chargeons les chiens dans leur toute petite niche et nous partons en van. Nous débarquons là où nous avions terminé notre semaine de canot camping, à l’automne dernier. Tony va tester la glace (et l’état de la neige) sur la rivière avec ses plus gros Malamutes. Impeccable, nous pouvons y aller. Quelques souvenirs me reviennent en mémoire (la petite couleuvre, la rivière Samaqua, notre dernier campement).

Le soleil brille de mille feux, la rivière est belle dans son manteau blanc. L’ambiance est bonne, nous rions bien à faire plusieurs passages dans les flaques d’eau (pour filmer quelques séquences et habituer les chiens). Une bonne séance de tournage, avec une fois de plus, la très belle luminosité de fin de journée.

 

 

Mercredi

Tony et Yves sont partis faire une première partie des courses. Pendant ce temps-là, au chalet, je m’essaye à la vidéo, avec les chiots comme modèle principal. Puis, nous préparons et rangeons la première caisse de nourriture : café, thé, sucre, barres de céréales, soupes, etc. Avec les premiers conseils de Michel, je continue de m’exercer à filmer, m’habitue à la caméra, et réfléchis aux différents plans que je pourrais prendre pendant l’expédition.

En fin d’après-midi, je vais aider Fred et Caro (les saisonniers français) à préparer les traîneaux pour la famille de David qui vient faire une balade. Un bon entraînement pour moi ; mettre les harnais aux chiens, les amener à l’attelage, les gestes reviennent et le plaisir aussi ! Nous voyons les traîneaux filer sur la neige immaculée sous un ciel d'azur.

Jeudi

Michel est revenu au chalet, il veut commencer les interviews individuelles. Je n’ai pas l’esprit très frais, mais allons-y. Je prends l’air cinq minutes pour remettre mes idées en place et penser à ce que je pourrais lui dire. Nous nous installons dans ma chambre, je ne suis pas très à l’aise devant une caméra. Mais, petit à petit, je l’oublie et parle (presque) naturellement. Finalement, des réflexions, des questions intéressantes avant de partir en expédition.

L’après-midi, je me lance dans la peinture de la boîte à chiens, en bleu. Je brosse un peu le bois et c’est parti. Il fait soleil, c’est agréable. Finalement, c’est long et j’y passe pas mal de temps. A côté, Fred « habille » les traîneaux (il tresse et attache le cordage bleu et noir), c’est vraiment beau. Soirée tranquille où Michel continue de me conseiller et de me donner des idées de plans à filmer. Je prends des notes pour ne pas oublier les ambiances particulières à faire ressentir.

 

Vendredi

Le temps est gris, une petite pluie arrive. Ça va être difficile de peindre la deuxième couche (la remorque n’étant pas l’abri et Tony est parti avec le pick-up). Donc, matinée tranquille où j’écris un peu, puis nous discutons avec Yves et Michel. Nicole, la maman de Tony vient faire les pains et les gâteaux pour l’expédition, avec un vrai pétrin à farine ! Nous allons nous régaler !

L’après-midi, Michel souhaiterait réaliser des plans avec les raquettistes, ce qui est l’occasion pour moi de rencontrer Eric, alias Tinours, le troisième marcheur. Toute l’équipe est au complet, et je sens que nous allons bien nous entendre. Tony nous amène sur la rivière, à la sortie du village. Un bon bol d’air frais où je m’amuse à prendre des photos. Nous rentrons au chalet, David est là et nous explique les derniers détails pour dimanche. Toute l’équipe est impatiente de se lancer dans l’aventure !

 

Samedi

Derniers préparatifs, la pression monte. Avec Caro et Fred, à l’abri de la pluie dans un garage, nous finissons de peindre la boîte des chiens en bleu, les portes des niches en noir avec dessus le nom des chiens en blanc. Tony calcule précisément la quantité de nourriture pour les Malamutes (croquettes protéinées). Puis, nous vérifions tout le matériel. Nous allégeons les caisses préparées pour nos repas, en enlevant quelques boîtes de dessert… Et vu la charge estimée dans les traîneaux, Tony décide finalement de prendre un quinzième chien (neuf pour son attelage au lieu des huit prévus, mon traîneau sera tiré par six chiens).

Nous rassemblons nos affaires personnelles pour faciliter le chargement demain matin. Dernier briefing entre nous, une bonne soirée pour commencer à bien se connaître. Sentiments mélangés entre l’appréhension et l’envie de se jeter dans l’inconnu de l’expédition.

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