Le ciel s’est couvert et c’est sous une lumière grisâtre que nous déjeunons et découvrons la rivière. Mais pour moi, ce n’est pas grave, ma belle semaine « d’évasion Nature » a commencé. Nous nous laissons tranquillement porter par la rivière, quelques coups de rames pour avancer. Je commence à laisser mes yeux se promener dans les paysages qui nous entourent. De belles forêts de résineux (épinettes noires) et de feuillus (bouleaux). « Icitte, il y a deux sortes d’arbres : les verts et les jaunes ! »...

Par endroits, la rivière se rétrécie et nous devons négocier des petits rapides, des tout petits, mais c’est plaisant. Tony dirige le canot et navigue à la perfection, c’est très agréable pour moi qui me laisse guider. Par contre, Jean et Philippe ont eu la mauvaise idée (involontaire) de prendre le rapide de travers et, résultat, Jean s’est bien mouillé le côté droit !

La descente continue, par endroit, on distingue les coupes des bûcherons, mais la Nature reprend ses droits et nous offre un beau spectacle. Dans le calme, nous ramons en faisant le moins de bruit possible pour respirer pleinement la Nature qui nous entoure. Tous mes sens sont en éveil. Plus que le regard, mes oreilles sont toutes émoustillées et mon nez veut jouer aussi ! Rentrer en symbiose avec ce monde silencieux, une quasi osmose avec la Nature.

Après la pause dîner, l’après-midi continue doucement au rythme du fil de l’eau. Petits instants de pêche près d’une hutte de castor, nous sommes tous bien. Par moments, quand le calme est là et qu’il n’y a pas un brin de vent, la rivière se transforme en miroir géant, reflétant avec une limpidité étonnante la forêt et le ciel. Nous caressons doucement l’eau avec nos rames tellement nous ne voulons pas casser cette beauté...

L’endroit de notre deuxième bivouac approche, juste après un pont, un petit coin aménagé pour la mise à l’eau de canots...

Une bonne soirée tranquille se passe. En s’endormant, nous entendons au loin le cri d’un orignal femelle en rut...